DrHorribleSingAlongBlogJ’avais entendu parler des la websérie de Joss Whedon, mais je n’avais jamais trouvé le temps de m’y mettre. À l’occasion de la dernière fête de la musique, je me suis dit que ça serait l’occasion de la voir. Une série musicale dans un format si court, c’était parfait pour la période. Après un épisode musical réussi pour Buffy, Joss Whedon propose ici une websérie musicale de 3 épisodes de 14 minutes.


En seulement 3 épisodes, ou actes, Joss Whedon arrive à créer un univers particulier. Les chansons ajoutent au charme et à l’identité de la série. Le tout servit par un casting à la hauteur, notamment Neil Patrick Harris qui m’a bluffée. Il était bien entouré avec Nathan Fillon dans le rôle du Captain Hammer et Felicia Day dans celui de Penny.

L’histoire m’a également beaucoup plu. L’histoire d’amour contrarié, le héros pas si héroïque et le méchant pas si méchant sont bien utilisés. Si je me suis bien amusée avec la série, notamment grâce à la légèreté apportée par les chansons, j’ai eu un gros pincement au cœur à la fin. Un très bon point pour la websérie selon moi. J’adore être surprise par la force d’une émotion dans une série, notamment ici où le Dr Horrible ne ressent plus rien. C’est ce paradoxe, ce décalage qui fait gagner de la profondeur à la série. Elle devient plus qu’une websérie chantée, délurée et bien ficelée.

Dr_Horribles_Sing_Along_Blog_image__3_La prise à contre-pieds est une habitude de Whedon. Quand les blondes se font tuer à tour de bras dans les films d’horreur, il crée Buffy et la blonde devient celle qui chasse. Dans Dr Horrible’s Sing-Along Blog, c’est pareil. Là où on l’habitude de voir des héros parfaits et manichéens et des méchants bien méchants dans les comics (dont la série s’inspire largement), la websérie prend le contre-pied. Le personnage de Nathan Fillon, le Captain Hammer, a tout du héros : il sauve tout le monde, il a les filles, il est beau et musclé, et il a même un costume moulant. Le Dr Horrible a, lui, tout du méchant : le look du savant fou, un ennemi juré, des plans foireux toujours contrés par son ennemi. Mais Whedon renverse les clichés : le méchant est un gentil méchant, maladroit avec la femme qu’il aime et qui, s’il rêve d’être un grand méchant, n’est pas capable de tout pour parvenir à ses fins et entrer dans la ligue des grands méchants. Le héros, quant à lui, est capable de tout pour parvenir à ses fins (c’est-à-dire avoir la fille et coucher avec).

En reprenant les codes des comics et en les arrangeant à sa manière, en jouant avec de cette façon, Joss Whedon livre une petite perle réussie en tout point : les chansons, la musique, le casting, la réalisation, l’histoire, les émotions. Dr Horrible’s Sing-Along Blog a vraiment été une découverte très agréable.