Après avoir remis au goût du jour le personnage de Robert Louis Stevenson, Jeckyll, Steven Moffat adapte l’œuvre d’un autre grand auteur de la littérature anglo-saxonne, Sir Arthur Conan Doyle, et dépoussière le célèbre Sherlock Holmes.

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Pour moi, Sherlock Holmes a toujours été lié à l’Angleterre de la seconde moitié du 19e siècle. J’avais un peu de réticence à voir une nouvelle version où l’action se déroule à notre époque. J’ai toujours trouvé que le cadre de Londres à l’époque victorienne donnait une touche particulière à l’histoire de Sherlock Holmes et qu’on ne pourrait pas la retrouver à une autre époque. Et puis j’ai vu les noms des créateurs : Steven Moffat et Mark Gatiss, deux scénaristes qui ont travaillé pour Doctor Who. Le premier a écrit les meilleurs épisodes de la série et a offert une très belle saison 5 au Seigneur du Temps. Je suis donc passée outre mes réticences et j’ai visionné le premier épisode de Sherlock. J’ai tout de suite retrouvé cette ambiance propre aux nouvelles de Conan Doyle alors même qu’on nous rappelle constamment qu’on est au 21e siècle : les ordinateurs, les téléphones portables, le GPS...

sherlockLa série a su créer un univers où Sherlock Holmes reste très fidèle au personnage qu’il est sous la plume de Conan Doyle tout en soulignant par la réalisation toutes les technologies qui n’existaient pas au 19e siècle. Le texto est omniprésent, par exemple. Au lieu de nous montrer un écran de portable pour qu’on puisse lire le message, le message s’affiche sur notre écran comme il s’affiche sur l’écran du portable. Sherlock Holmes est fidèle à lui-même : il utilisait déjà toutes les techniques les plus pointues dans les nouvelles de Conan Doyle.


L’histoire des personnages reste la même : le premier épisode, intitulé A Study in Pink, met en place les mêmes éléments que la première nouvelle de Conan Doyle où apparait Sherlock Holmes, A Study in Scarlet. On nous raconte donc la rencontre entre Holmes et Watson (Holmes stupéfie Watson en devinant en quelques secondes que celui-ci rentre d’Afghanistan) et les débuts de leur colocation au 221B Baker Street à Londres. Je pense que c’est cette fidélité à l’œuvre originale qui donne la même atmosphère dans les deux.

sherlock_and_watsonL’élément le plus important de la série est la relation entre Sherlock et John. Elle se développe vite et on sent tout de suite la fascination et l’admiration de John pour Sherlock. Il forme un très bon duo dont l’alchimie est vraiment perceptible. Un vrai bonheur à suivre. Le deuxième épisode, s’il m’a moins plus que les autres, montre néanmoins à quel point Watson est happé par le monde de Sherlock Holmes et qu’il ne veut pas vraiment en sortir. Si Sherlock est accro aux énigmes, Watson ne peut se passer d’action et c’est pour cette raison qu’il aime autant la vie aux côtés de son nouvel ami. La relation est le cœur de la série, mais celle-ci a aussi prouvé que les intrigues sont vraiment bonnes. Le dernier épisode de la saison nous offre des énigmes et un compte à rebours qui fonctionnent à merveille. Il permet également de confronter la vision des choses presque opposée de John et Sherlock.

A ce duo de choc et au génie de Sherlock ne manquait qu’un méchant à la hauteur. C’est sans surprise qu’on trouve Moriarty dans ce rôle puisqu’il est déjà l’ennemi de Sherlock dans l’œuvre de Conan Doyle. La force de la série est d’accrocher le spectateur même quand il connait le canon littéraire créé par Conan Doyle. Et ça fonctionne très bien.


Et la fin... Le cliffhanger ! Non, mais le cliffhanger, quoi ! C’est un truc de malade cette fin de saison. La dernière scène est incroyable : le petit moment de stress quand on nous fait croire que Watson est Moriarty (et ça a très bien marché sur moi alors que je connais un peu l’œuvre de Conan Doyle ^^'), la tension entre les trois personnages, la complicité entre Sherlock et Watson, l’inquiétude de Sherlock pour lui, les 40 secondes de soulagement avant de revenir à une situation menaçante. Et le cliffhanger ! Je n’ai pas vu une telle fin depuis bien longtemps. Surtout que quand elle a été écrite et tournée, Mark Gatiss et Steven Moffat ne savaient pas qu’il y aurait une saison 2. Nous laisser avec une fin comme celle-là alors qu’on a un an à attendre, c’est déjà hyper frustrant pour nous. Mais, en plus, s’il n’y avait pas eu de saison 2... Ils sont vraiment forts, les deux créateurs, parce que pour oser ça et susciter une réaction aussi forte, il faut du très bon. C’est le cas ici. Je suis contente d’avoir découvert la série seulement cet hiver et pas l’été dernier lors de sa diffusion, j’ai 6 mois de moins à attendre pour la suite comme ça.