Samedi soir a été diffusé l'épisode spécial pour les 50 ans de Doctor Who, The Day of the Doctor. Un épisode anniversaire très attendu qui a été, à mon avis, à la hauteur de l'impatience et de l'excitation qu'il a générées. Merci à France 4 pour la diffusion en simultané et en VM. L'épisode a d'ailleurs reçu le Guinness World Record du plus gros simulcast pour une série grâce à sa diffusion dans 94 pays à travers 6 continents samedi 23 novembre 2013.

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Pour cette occasion spéciale, Steven Moffat nous offre un épisode à la fois drôle, plein d'émotions et épique. Le trio de Doctors est tout simplement génial. Je suis très contente d'avoir revu David Tennant en Ten parce qu'il est mon Doctor et c'est en le retrouvant que je me suis rendu compte à quel point il me manquait. Oh j'aime beaucoup Matt Smith et Eleven. Mais Ten, c'est différent. Leur duo fonctionne très bien. Avec le War Doctor génialement interprété par Jon Hurt, on obtient un super trio qui montre l'évolution du Doctor depuis la chute de Gallifrey, « the man who regrets » et « the man who forgets ». Oui, parce que l'épisode ne propose rien de moins que de nous raconter et de réécrire LE moment charnière dans l'histoire du Doctor.

Ensemble, les trois Doctors sont à la fois drôles et touchants. L'épisode est plein de moments absolument géniaux entre eux. Par exemple, leur rencontre avec War Doctor qui prend Ten et Eleven pour les compagnons du Doctor. Toutes les piques qu'ils s'échangent au fil de l'épisode sont délicieuses et trois Doctors, ça veut aussi dire trois TARDIS et ça, c'est vraiment cool. Et bien sûr, leurs moments touchants sont forts. J'ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois, notamment quand Eleven et Ten rejoignent War Doctor pour qu'il ne soit pas seul pour le moment où il doit appuyer sur le gros bouton rouge et mettre fin à la Guerre du Temps. L'autre fois où j'ai versé une larme pendant l'épisode, c'est quand Ten dit « I don't want to go » qui rappelle évidemment très douloureusement sa régénération. Le « He always says that » de Eleven n'a rien arrangé.

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Si le trio fonctionne à merveille, le duo formé par Ten et Eleven est super lui aussi. L'alchimie entre Matt Smith et David Tennant crève l'écran et ça fait plaisir à voir. La synchronisation de leurs incarnations du Doctor souligne ça de manière comique. Ils se charrient tout au long de l'épisode et nous montrent que le compagnon le plus drôle du Doctor reste le Doctor lui-même. Quant à John Hurt, il campe un Doctor très touchant et montre une nouvelle fois qu'il est un excellent acteur. Si j'ai un peu l'impression que le Grand Dragon de Merlin (dernier rôle dans lequel je l'ai "vu") allait débarquer n'importe quand au début de l'épisode, ça m'est vite passé. 

Comme je le disais plus haut, l'histoire qui nous est racontée dans cet épisode est épique. Le jour où le Doctor a mis fin à la Guerre du Temps de la manière la plus douloureuse qui soit pour lui. Les doutes, les questions, les regrets et le moyen de passer à autre chose malgré tout : tout est évoqué dans cet épisode. On ne fait pas que revenir sur le tournant dans la vie du Doctor, on voit clairement quel effet ça a eu sur lui et comment il a évolué avec ça. Mais ici, ce moment si tragiquement important est réécrit et il fallait non moins que ses treize incarnations pour être à la hauteur du sauvetage de Gallifrey. La courte apparition de Peter Capaldi dans le rôle du Doctor a dû faire faire un bon au cœur de tous les whovians. Non seulement parce que ça fait plaisir d'avoir la surprise de le voir, mais aussi parce que ça rappelle cruellement que le temps de Eleven est bientôt terminé. Outre la classe totale de voir tous les Doctors ensemble, l'enjeu est le sauvetage de Gallifrey ! C'est énorme ! Et la fin de l'épisode laisse présager une suite prometteuse.

J'étais aussi ravie de revoir Rose/Bad Wolf. Comme beaucoup de monde, j'aurais voulu que Ten voie Rose. Mais je trouve ça finalement aussi bien que ça ne soit pas le cas parce que ça brise autant le cœur qu'il ne la voie pas. Je n'ose imaginer à quel point ça aurait pu faire mal s'il l'avait vue alors qu'elle n'est pas vraiment elle, mais Bad Wolf. Je crois que mon petit cœur n'aurait pas pu survivre. Les jeux de regards de Rose/Bad Wolf étaient très bons, tout comme les déplacements et croisements des personnages (elle près de lui, lui qui passe devant elle, etc.). C'est très bien géré pour faire référence à leur relation et souligner le fait qu'il ne la voie pas. Ça nous fait encore plus mal et ça nous frustre. 

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Ten ne soupçonnera la présence de Rose/Bad Wolf qu'à un seul moment, vers la fin de l'épisode. Je suis contente qu'il y ait eu au moins une référence à Bad Wolf/Rose devant lui et qu'il n'y ait que lui dans le cadre avec elle quand elle répond « Yeah, that's gonna happen » au War Doctor quand il lui dit « Bad Wolf girl, I could kiss you! ». C'est non seulement une référence à Nine puisque c'est lui qui l'embrasse quand elle est le Bad Wolf, mais aussi une référence à la relation entre Rose et Ten grâce à ce que nous montre la caméra à ce moment-là.

Quant à Clara, je l'ai trouvée très touchante dans cet épisode. Elle qui a vu et sauvé toutes les incarnations du Doctor, elle découvre ici celui qu'elle n'a jamais vu et finit par le sauver d'une certaine manière puisque c'est grâce à elle que Eleven comprend que le trio n'a plus à détruire son peuple et sa planète pour mettre fin à la Guerre du Temps. Je trouve sa relation avec Eleven toujours aussi sympathique et j'ai aimé les quelques moments qu'elle a passés avec Ten et avec War Doctor. 

Et que serait un épisode anniversaire sans référence à tout ce qui fait l'histoire d'une série. J'ai beaucoup aimé les références à Nine, à défaut de le voir à l'écran. Enfin, on le voit une fois dans l'épisode, quand on voit tous les Doctors sur écrans et que lui est dans son TARDIS. J'ai déjà parlé plus haut de War Doctor qui dit vouloir embrasser Bad Wolf qui est bien évidemment un clin d'œil au baiser que Nine donne à Rose pour la sauver. Enfin, le « I hope the ears are a bit less conspicuous this time » du War Doctor quand il se rend compte qu'il va se régénérer m'a beaucoup fait rire. Quand on sait qu'un des traits physiques souvent soulignés chez Nine est ses oreilles. C'est pour ça qu'après, j'ai vraiment espéré le voir lors de la régénération de War Doctor. On devine aussi son visage mélangé à celui de War Doctor... J'aurais préféré que Christopher Eccleston soit vraiment là. Je suis sûre que le quatuor aurait été aussi bon que le trio. 

Bien sûr, l'épisode fait aussi référence à la série dite « Classic ». Il a commencé par un Classic Who opening et j'ai trouvé ça vraiment super. La présence de Tom Baker (quatrième incarnation du Doctor) et son écharpe au cou d'Osgood, le « Reverse the polarity » qui est la phrase du troisième Doctor (interprété par Jon Pertwee) reprise par Ten et Eleven, les photos à UNIT, et des petits clins d'œil comme l'horloge sous laquelle passe Clara en moto qui indique 17h16, l'heure à laquelle a été diffusé le premier épisode de la série en 1963, sont autant de références à la série classique qui font vraiment plaisir et qui permettent de fêter complètement cet anniversaire.

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Il y a eu aussi des références à plein d'autres moments dans la série, notamment avec le « Spoilers » (ici dit par Eleven à l'attention de Ten) cher à River Song et qu'elle a dit à Ten et à Eleven, Elizabeth Ist the Virgin Queen, et « They're screwdrivers! What are you going to do, assemble a cabinet at them? » qui rappelle encore une fois River et ce qu'elle dit à Eleven « You've got a screwdriver! Go build a cabinet! ». Toutes ces petites choses qui sont autant d'attentions portées aux fans et à la série donnent sa saveur particulière à l'épisode. Si vous voulez une liste plus complète de ces références, vous pouvez les trouver ici.

Le petit cadeau en plus, c'est la « représentation » des fans eux-mêmes dans l'épisode en la présence d'Osgood qui porte l'écharpe de Tom Baker et a besoin de respirer à fond dès qu'il est question du Doctor ou qu'elle le croise. Sympa petit clin d'œil aux fans enthousiastes possédant des goodies ou faisant du cosplay. D'ailleurs, vu la fin de l'épisode, on peut supposer qu'elle a eu l'écharpe du quatrième Doctor (Tom Baker) par Four lui-même puisqu'on le voit au musée.

En plus de toutes ces références, de la joie de voir le trio de Doctors fonctionner aussi bien et du côté épique de l'histoire, j'ai retrouvé le Steven Moffat que j'aime avec cet épisode. Vraiment. Son écriture pour cet épisode anniversaire a été parfaite. Cet épisode est parfait. Tout fonctionne : l'émotion, l'humour, les références et le timey-wimey utilisé ici avec brio. Il permet au Doctor d'être avec toutes ses incarnations à l'écran et de réécrire son histoire sans que ça ne l'altère pour ses incarnations passées. C'est à la fois génial, parce que ça change les choses pour Eleven, et cruel parce que ça ne les change pas pour les incarnations entre War Doctor et Eleven qui ne se souviendront pas qu'ils ont sauvé leur planète et qui devront vivre avec le souvenir de l'avoir détruite. Quant à la voie que ça ouvre pour Eleven, ça semble épique ! Une voie épique qui, vu l'énormité du truc, causera probablement sa perte.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré cet épisode. Je l'ai trouvé parfait. La série a fêté ses 50 ans dignement. Steven Moffat nous a offert un épisode complet et brillant qui fait désormais partie de mes épisodes préférés de la série. Le prochain rendez-vous avec Doctor Who est fixé à Noël.